Politique
Des “brebis galeuses” au RN… ou des boucs émissaires ?
Paris, le 7 juillet 2024. Jordan Bardella au siège du Rassemblement national. © Louise Delmotte/AP/Sipa
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En qualifiant certains candidats RN indésirables de « brebis galeuses », Jordan Bardella laisse maladroitement entendre qu’il existe une maladie susceptible de contaminer l’ensemble de son parti, lequel serait donc poreux aux « dérapages » de quelques-uns. Leur sacrifice annoncé ne relèverait-il pas plutôt de ce que René Girard appelle la logique du bouc émissaire ?
Photo d’une candidate arborant une casquette de sous-officier de la Luftwaffe à croix gammée, explications d’une autre qui se défend de tout racisme parce que son ophtalmologiste est juif et son dentiste musulman… Plusieurs membres du RN avaient manifestement un profil qu’on qualifiera par euphémisme de « problématique ». Mais si l’expression « brebis galeuse », utilisée par Jordan Bardella pour désigner certains de ses propres candidats aux dernières législatives, avait tout d’un lapsus ? Une brebis qui est porteuse de la gale, en effet, n’est pas une brebis simplement égarée puisqu’elle constitue une véritable menace pour les autres. Qualifier une personne de « brebis galeuse », ce n’est donc pas se contenter de signifier son désaccord avec elle ou sa volonté de l’exclure du groupe, mais aussi sa crainte de voir la maladie dont elle est atteinte se transmettre par contagion. La mesure est d’ordre sanitaire : il s’agit d’empêcher une infection de se propager et de prévenir l’extension de l’épidémie à l’ensemble des autres membres de la communauté, pour les protéger.