Le match

A-t-on le droit de mentir ? Benjamin Constant face à Emmanuel Kant

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A-t-on le droit de mentir ? Benjamin Constant face à Emmanuel Kant

Benjamin Constant vs. Emmanuel Kant. ©Domaine public

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Cet article est issu du numéro 194 de Philosophie magazine, en kiosque le 30 octobre 2025.

Cette confrontation s’est jouée dans l’Europe des Lumières. Elle oppose Emmanuel Kant, le grand penseur de l’idéalisme allemand – un pur esprit à en croire les témoignages –, au très passionné Benjamin Constant, aussi auteur d’un beau roman d’amour. Au cœur du duel : le mensonge.

Premier round : Kant assène de sa droite un refus catégorique du mensonge 

« Puis-je, afin de me tirer d’embarras, faire une promesse que je n’ai pas l’intention de tenir ? » Dans ses Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), Kant répond de façon catégorique : mentir peut parfois être utile, servir mes intérêts, mais cela n’en est pas moins immoral dans tous les cas. Le mensonge est problématique à la fois dans son principe et dans ses conséquences. Si « je puis bien vouloir le mensonge, je ne puis vouloir en faire une règle universelle, écrit-il. En effet, avec une telle loi, il n’y aurait plus à proprement parler de promesse ». Et les humains, ne pouvant plus croire dans la parole, ne pourraient plus faire société.

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