Un classique à la loupe

La vérité, fille du mensonge

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La vérité, fille du mensonge

© Hasnain Dattu/Gallery Stock

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Cet article est issu du Hors-série n°70 de Philosophie magazine, en kiosque le 15 juillet 2026.

Du cheval de Troie à sa rencontre avec le cyclope, Ulysse se révèle un maître du mensonge. Le philosophe Jean-François Mattéi y voyait l’origine d’une tradition qui, de Platon à Heidegger, fait de la dissimulation la condition d’apparition de la vérité.

 

Ulysse est « l’homme aux mille ruses », mais il est fondamentalement un personnage double qui joue avec la vérité et le mensonge. Dans l’Hippias mineur, Platon le qualifie de « rusé » et de « menteur ». Or, d’après Socrate, seul celui qui sait mentir peut dire la vérité car la philosophie demande la maîtrise de la vérité et de la réalité, mais également celle du mensonge et de l’illusion. Le logos peut énoncer le vrai ou le faux, comme chez Ésope. Le discours rend ainsi cette possibilité de jouer sur les deux sens du mot mètis : d’un côté une prudence intelligente qui permet d’atteindre le vrai et le juste, de l’autre une ruse, une perfidie, comme le cheval de bois qu’a imaginé Ulysse.

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