Dossier / “Peut-on réparer ses erreurs ?”

L’art de recoller les morceaux

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L’art de recoller les morceaux

© Chase Middleton

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Cet article est issu du numéro 189 de Philosophie magazine, en kiosque le 24 avril 2025.

Tout le monde peut se tromper, même ceux qui aspirent à bien se conduire. Une erreur, c’est un peu comme un vase qu’on aurait cassé, mais qui est inaccessible parce qu’il se trouve quelque part dans le passé. 

 

Ici, il importe de ne pas se tromper au sujet de l’erreur.

Dans le domaine des comportements, de la morale, l’erreur n’est pas la même chose que l’oubli ou la distraction. Celui qui ne ferme pas sa fenêtre avant de partir, permettant l’intrusion des cambrioleurs, ou qui remplit le réservoir de sa voiture à essence de gazole, est victime d’une inattention. Les conséquences peuvent être très regrettables, mais il ne s’agit pas à proprement parler d’une erreur, parce que, dans cette affaire, le jugement ou la volonté n’ont joué aucune part.

Pour autant, l’erreur n’est pas la même chose que la faute. En effet, la faute est une action mauvaise ou destructrice commise en connaissance de cause. Dans ce cas, la trajectoire est assez linéaire : à l’origine de la faute, il y a une intention de transgresser des règles, voire de se rendre coupable d’un délit ou d’un crime, et la réalisation du plan est plus ou moins bien menée. Rien d’aussi mécanique avec l’erreur. Le mot est formé sur le latin errare, qui signifie « errer », « faire un détour » : s’il y a erreur, c’est que quelque chose nous a échappé, ne s’est pas passé comme prévu. L’erreur est donc à mi-chemin entre l’oubli, inconscient, et la faute, volontaire, et elle est rendue possible par les failles de notre entendement.

 

Je ne l’ai pas fait exprès, mais…

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