Entretien

Giuliano da Empoli : “Trump ne peut pas perdre le pouvoir”

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Giuliano da Empoli : “Trump ne peut pas perdre le pouvoir”

Giuliano da Empoli. © Caisa Rasmussen/TT News Agency via AFP

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Lors d’une intervention publique, à Bruxelles, l’essayiste Giuliano da Empoli a alerté sur le risque grandissant que Donald Trump remette en question les prochaines échéances électorales. L’avenir de la démocratie américaine se jouera-t-il non seulement dans les urnes, mais aussi dans une confrontation entre le président et les forces de l’ordre ? Un avertissement à prendre comme un appel à la résistance de l’Europe.


 

Comment envisagez-vous l’évolution de la démocratie américaine en 2026, alors que se profilent les élections de mi-mandat au Congrès dont le résultat, s’il lui était défavorable, pourrait être remis en question par Donald Trump ? 

Giuliano da Empoli : Je crois qu’on ne veut pas voir ce qui est relativement évident. Il y a cinq ans, le 6 janvier 2021, alors qu’il avait perdu les élections et la plupart de ses soutiens – son propre vice-président s’était retourné contre lui –, Donald Trump a initié et soutenu une tentative d’assaut contre le Capitole menée par quelques centaines d’illuminés dont les chances de succès étaient nulles. À l’époque, vu le contexte, personne n’a pensé que la démocratie américaine pouvait basculer. Aujourd’hui, la situation est totalement différente. Le président dispose des pleins pouvoirs, il a placé des hommes qui lui sont totalement soumis à la tête de toutes les forces de l’ordre, du chef de l’armée aux services de renseignement, FBI et CIA en tête. La Cour suprême lui est acquise, les médias sociaux sont à sa botte, l’indépendance de la presse très abîmée. Il a développé un discours offensif sur les ennemis de l’intérieur, associé aux ennemis de l’extérieur, les migrants, qui menacent l’ordre public et qu’il s’agit de réprimer – et les actions de la milice ICE ont montré comment cela pouvait se concrétiser, à l’échelle de chaque État. Enfin, Trump a montré à tous les chefs d’État européens, stupéfaits, sa casquette de réélection… inconstitutionnelle en 2028. Et il a affirmé publiquement qu’il accepterait les résultats des élections de mi-mandat de 2026… s’ils étaient bons.

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