Monde / Crise énergétique

Blocus du détroit d’Ormuz : pour Olivier Hamant, “il faut passer d’une économie de la production à une économie de la coopération”

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Blocus du détroit d’Ormuz : pour Olivier Hamant, “il faut passer d’une économie de la production à une économie de la coopération”

Olivier Hamant. ©Grand cours vidéo d’Olivier Hamant - Construire la robustesse - à retrouver sur Sator.fr

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Cet article est issu du numéro 199 de Philosophie magazine, en kiosque le 29 avril 2026.

Le blocage du détroit d’Ormuz a engendré une grande perturbation dans les économies du monde entier. Le biologiste Olivier Hamant, auteur des Chroniques d’un monde qui craque (Odile Jacob, 2026), y voit une invitation à rompre avec la recherche immodérée de la performance.

 

Que révèle cette crise énergétique ?

Olivier Hamant : Voilà le signe d’un monde qui craque. La performance de nos économies dépend des énergies fossiles distribuées par les flux optimisés du commerce maritime. Mais cette optimisation alimente une surdépendance à des ressources ou des modes d’organisation. Elle génère donc de l’insécurité. Et pas seulement sur le plan énergétique : la distribution de l’eau douce au Koweït est très efficace, car centralisée. Cependant, à l’heure où les usines de dessalinisation qui fournissent 93 % du réseau sont frappées par l’Iran, c’est la viabilité du territoire qui est remise en cause. Idem pour l’industrie numérique qui dépend de l’hélium dont un tiers vient du Qatar visé par l’Iran, sans parler de l’économie mondiale dépendant de centres de données qui ne sont pas bien protégés. Dans Le Contrat naturel [1990], Michel Serres résumait ainsi notre mal : « Rien de plus faible qu’un système global qui devient unitaire. » Qu’il s’agisse de géopolitique, d’écologie ou d’économie, la performance – en privilégiant une énergie ou un type d’exploitation – crée une fragilité structurelle qui se manifeste par des ruptures régulières, ce que le sociologue américain Charles Perrow appelle « l’accident normal ». La question n’est pas de savoir s’il y a aura un accident mais quand il aura lieu. 

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