Géopolitique / Monde
“Privatiser la mer, c'est empêcher la libre circulation” : l’analyse d’Arnaud Orain
Arnaud Orain. ©Manuel Braun pour Philosophie magazine
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Cet article est issu du numéro 203 de Philosophie magazine, en kiosque le 24 septembre 2026.
Le blocage du détroit d’Ormuz a provoqué une crise du commerce international. Vivons-nous la fin de la « liberté des mers » ? L’historien Arnaud Orain, qui publie un essai sur le sujet, nous explique les conséquences de cette crise.
Les États-Unis s’embourbent dans la crise du détroit d’Ormuz. Pourquoi ?
ARNAUD ORAIN : Cette crise révèle les difficultés qu’ont les États-Unis à maintenir leur hégémonie navale. Ils ont voulu détruire la marine des gardiens de la révolution iraniens, qui manœuvraient avec la Russie et la Chine, et gêner les approvisionnements de Pékin en hydrocarbures. Mais ils ont bien du mal à tenir un blocus et ne veulent pas mener d’opérations au sol, qui auraient un coût politique majeur pour Donald Trump. Or la Chine profite de cet échec : elle apparaît comme une puissance de stabilité, qui peut faire passer certains de ses navires par Ormuz, et d’autres par la mer Rouge car dans le détroit de Bab el-Mandeb, les Houthis ne les ciblent pas.