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“Seul face à l’immensité du ciel, j’ai pleinement fait partie du monde” : le sentiment océanique par Philippe Descola
Philippe Descola. ©Franck Ferville pour Philosophie magazine
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L’anthropologue Philippe Descola vient de publier Nous sommes les hôtes de la Terre (Arthaud). C’est lors d’un séjour de terrain chez les Achuar, des Indiens jivaros d’Équateur, qu’il a fait l’expérience de la plénitude. Une expérience d'une forme de sentiment océanique qu'il nous raconte dans notre nouveau numéro.
« Il m’est arrivé à plusieurs reprises de ressentir le sentiment océanique. Le souvenir le plus vif que j’en garde, ce fut lors d’un séjour chez les Achuar. On était en pirogue sur le Pastaza, l’un des affluents du fleuve Amazone, c’était pendant la saison sèche, il y avait très peu d’eau, et on était à plusieurs, avec mes amis Achuar, à pousser la pirogue dans les hauts-fonds. Soudain, je me suis rendu compte que la plus proche maison achuar en aval était à environ 80 kilomètres et la plus proche maison en amont était à peu près la même distance.