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Poutine : opération succession. La chronique de Michel Eltchaninoff

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Poutine : opération succession. La chronique de Michel Eltchaninoff

Discours de Vladimir Poutine lors du défilé militaire célébrant le 79e anniversaire de la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne, à Moscou, le 9 mai 2024. © Mikhael Klimentyev/Sputnik/Sipa

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Cet article est issu du numéro 180 de Philosophie magazine, en kiosque le 30 mai 2024.

Qui pourrait succéder, un jour, au président russe ? Pas un « techno » du régime actuel mais plutôt, comme il l’a récemment suggéré, un vétéran du front. De quoi faire craindre la fascisation accélérée d’un pays drogué à la guerre. 

 

Président pour la cinquième fois, Vladimir Poutine ne compte évidemment pas quitter le pouvoir. Il aura 83 ans à la fin de son sixième mandat, en 2036, mais il n’aura aucun mal à prolonger son règne. Il sait cependant qu’un problème de santé n’est jamais à exclure. Le chef du Kremlin, qui aime le temps long, a déjà une idée de la suite. Il se garde de suggérer un successeur. Mais il a fait ces derniers temps des déclarations importantes à ce sujet, étrangement passées sous les radars des médias. 

Les kremlinologues spéculent depuis longtemps sur les candidats à la succession. Le président, officiellement, n’a que des filles. Au regard du virilisme ambiant, que Poutine a exacerbé, on peut rayer leurs noms. Ses compagnons de toujours, issus comme lui des services secrets, comme Nikolaï Patrouchev, sont trop âgés. Mais ils ont des enfants et des protégés quadragénaires, qu’on appelle les « princes » et qu’on a déjà placés à des postes de responsabilité. Les dirigeants actuels, au profil politique ou technocratique, pourraient également apporter leur expérience. L’éventail des héritiers potentiels est large. 

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