Jeux de stratégie
Russie, Israël… Boycott partout, justice nulle part ? La chronique de Michel Eltchaninoff
Paris, le 11 juin 2025. Manifestation place de la République. © Myriam Tirler/Hans Lucas via AFP
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Cet article est issu du numéro 195 de Philosophie magazine, en kiosque le 04 décembre 2025.
Quels cinéastes, quels auteurs, quelles œuvres faut-il boycotter ? Et selon quels principes ? Alors que les polémiques liés à Israël ou à la Russie se multiplient, voici quelques pistes pour démêler l’écheveau.
Sur la table des repas de fin d’année, vous posez des dattes israéliennes, des pistaches venues d’Iran ou de la vodka Stolitchnaïa ? Je vous conseille de les retirer dare-dare ! Vous voulez créer un psychodrame ou quoi ? De toute manière, le dîner risque de mal tourner, que vous vous interrogiez sur les conditions de production du pull qu’on vient de vous offrir ou sur la marque d’un cosmétique qui sera qualifiée de « complice » par votre petite-nièce. Sans parler des polémiques nées de l’interruption d’un concert de l’orchestre symphonique d’Israël ou de la projection de tel film russe. Dans un monde où le droit s’effondre, on déterre la vieille arme du boycott. Non seulement chacun dresse sa propre liste de produits qu’il refuse de consommer, mais la question de la cohérence, de la justice (sans parler de celle de l’utilité !) du boycott se pose. La question se corse quand on se demande s’il faut refuser l’art venu d’un pays que l’on condamne. Le sujet est difficile et passionné, mais je vois trois principes directeurs possibles, qui aboutissent à des positions différentes.