jeux de stratégie
Faut-il prendre la menace russe au sérieux ? La chronique de Michel Eltchaninoff
Vladimir Poutine. © Natalia Kolesnikova/AFP
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L’hypothèse d’une guerre avec la Russie est, d’après nos responsables politiques et militaires, plus que crédible. Mais concrètement, que pourrait-il se passer ? Les réponses se trouvent dans les propos de Vladimir Poutine.
Un spectre hante l’Europe : celui de la menace russe. Mais, comme celui du communisme chez Marx et Engels, on a du mal à l’imaginer de façon concrète. C’est ennuyeux, car si on ne dit pas en quoi réside cette menace, on finira par ne plus y croire. Certains soupçonnent déjà nos dirigeants d’agiter le spectre de la guerre pour garder le pouvoir ou pour nous détourner des sujets de politique intérieure.
L’intention de domination existe. La politique russe, depuis près de vingt ans, consiste à vouloir faire gagner son modèle politique. Poutine est persuadé – il se targue de l’avoir dit le premier – que la démocratie ne correspond ni aux nouvelles réalités du monde ni à la volonté des peuples. Par tous les moyens, il cherche à affaiblir ce qu’il appelle l’« Occident collectif », qu’il juge d’autant plus agressif qu’il serait hypocrite et faible. La civilisation autoritaire et identitaire doit se lever en Eurasie et en Chine. Évidemment, la Russie ne peut pas attaquer les États-Unis. Voir la démocratie américaine s’autodétruire lui suffit. C’est ce qui est en train de se passer.