Là est la question…
“Peut-on choisir de croire en Dieu ?” Charles Pépin vous répond
©Vincent Boudgourd pour PM.
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Cet article est issu du numéro 199 de Philosophie magazine, en kiosque le 29 avril 2026.
LE DILEMME DE JEAN-PAUL
“Choisir de croire en Dieu ? On peut choisir, au petit déjeuner, un avocat plutôt qu’un pain au chocolat. On peut choisir d’écouter la matinale de France Inter plutôt que celle d’une autre station. On peut choisir un appartement plutôt qu’un autre. Mais choisir de croire en Dieu plutôt que de ne pas y croire, cela sonne un peu bizarrement, vous ne trouvez pas ?”
La réponse de Charles Pépin
« Ah bon ? Et pourquoi donc ? Pourquoi on ne pourrait pas choisir de croire en Dieu ? »
Peut-être parce que Dieu, s’il existe, est au-delà des arguments. Pensons à la « nuit de feu » qu’a connue au XVIIe siècle Blaise Pascal. Il a été comme foudroyé par l’amour infini de Dieu. « Dieu ne se prouve pas, il s’éprouve », en conclura-t-il. Pensons encore à l’expérience de la foi que raconte Emmanuel Carrère dans Le Royaume. Une foi qui est venue traverser sa vie, et puis d’ailleurs est repartie comme elle était venue, sans même qu’il comprenne ce qui lui était arrivé. Pascal, Emmanuel Carrère comme tant d’autres n’ont jamais fait « le choix de la foi » : ils n’ont pas pesé le pour et le contre, n’ont pas mesuré les arguments pour et les arguments contre dans un tableur Excel ou en interrogeant une intelligence artificielle.