Là est la question…
“20 ans, est-ce le plus bel âge de la vie ?” Charles Pépin répond à l’écrivain Paul Nizan
Photographie de la promotion 1924, section lettres, de l’École normale supérieure à Paris. Cerclés en rouge de g. à dr. : Paul Nizan, Jean-Paul Sartre, Raymond Aron. Debout au deuxième rang : Georges Canguilhem. © adoc-photos — Charles Pépin © Serge Picard pour PM
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Cet article est issu du numéro 200 de Philosophie magazine, en kiosque le 04 juin 2026.
La réponse de Charles Pépin
Cher Paul, je vais vous répondre peut-être un peu brutalement : l’idée qu’il y ait un âge qui serait « le plus bel âge de la vie » (20 ans ou autre) me semble n’avoir aucun sens. À chaque moment de notre vie, il nous faut trouver la meilleure façon de vivre avec l’âge que nous avons. Aucun âge n’est plus beau que les autres : tout dépend de ce que nous en faisons, des ressources que nous trouvons pour nous ajuster au temps qui passe, pour inventer la manière d’être la plus adaptée à la période de notre existence que nous traversons. On peut avoir 20 ans mais une mentalité de retraité frileux et une absence crasse de curiosité, comme avoir 70 ans et être curieux de tout, avide de découvertes et de rencontres. On peut même penser que ces généralités sur les âges de la vie font barrage à cette créativité existentielle que la vie exige de nous à tout âge.