Entretien
Mathilde Ramadier : “Les psychédéliques sont une expérience maïeutique”
© Gilang Fahmi/Unsplash
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Les psychédéliques, plus efficaces que les antidépresseurs, la psychanalyse et la philosophie réunis ? C’est ce que suggère l’essayiste Mathilde Ramadier dans Au-delà du moi, paru début septembre (Éditions du Faubourg, 2025), qui mêle le récit de son expérience personnelle au recueil d’une vingtaine de témoignages d’usagers. Ayahuasca, LSD et psilocybine pourraient-ils aider à mieux vivre ?
AVERTISSEMENT : Au même titre que l’autrice des propos rapportés ci-dessous Mathilde Ramadier, la rédaction de Philosophie magazine rappelle que les substances citées dans cet entretien sont considérées comme stupéfiants en France et dans d’autres pays du monde, et n’incite pas à leur consommation hors d’un cadre légal.
Vous commencez votre ouvrage en affirmant que les psychédéliques classiques ne présentent ni toxicité directe ni dose létale connue, pas plus qu’ils ne provoquent de dépendance physiologique. Pourquoi alors sont-ils interdits dans un pays comme la France ?
Mathilde Ramadier : De fait, ce n’est pas la dangerosité d’une substance psychotrope – c’est-à-dire une substance qui agit sur le système nerveux et peut modifier l’état de conscience – qui permet de la classer parmi les stupéfiants, car il s’agit en réalité d’une question d’ordre politique, économique et culturel. De nombreux chercheurs l’ont établi, comme par exemple le neuro-psycho-pharmacologue britannique David Nutt, grand spécialiste de toutes ces questions. Le café et le tabac, par exemple, sont des psychotropes légaux tandis que le LSD fait partie des psychotropes illégaux, autrement dit des stupéfiants. Mais il y a une grande confusion autour de tout cela quand on parle de drogue : s’agit-il de quelque chose d’illicite ? de quelque chose de toxique ou de dangereux pour la santé ? de quelque chose de puissant ? de quelque chose qui rend dépendant ? Souvent, on ne sait pas très bien de quoi on parle…
“Ces substances ne sont pas dangereuses pour l’organisme et pour la société alors qu’elles sont illégales et perçues collectivement comme les pires des drogues”