Les enfants de l’“Odyssée”
Les figures de l’Odyssée à l’irlandaise
“Ulysse”, gravure sur fond mou, 1934-35, tirée des illustrations de l’“Ulysse” de James Joyce par Henri Matisse. © Manuel Cohen/Aurimages
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Cet article est issu du Hors-série n°70 de Philosophie magazine, en kiosque le 15 juillet 2026.
Dans l’Ulysse de James Joyce, chaque personnage homérique a son équivalent gaélique... parfois sous une forme inattendue !
Molly Bloom - Pénélope
En août 1932, Carl Jung écrit une lettre à James Joyce : « Les quarante pages de discours non-stop à la fin représentent une suite de véritables fleurs psychologiques. Je suppose que la grand-mère du diable en sait autant sur la psychologie d’une femme. Pas moi. » Ces quarante pages, c’est le monologue sans ponctuation de Molly Bloom, où il est énormément question du désir féminin, de façon très crue, quasiment trash. James tient-il ce savoir de sa complicité avec sa femme Nora Joyce ?
Stephen Dedalus - Télémaque
Comme l’Odyssée, Ulysse débute par trois chapitres formant une partie appelée la « Télémachie ». On y suit Stephen Dedalus, personnage déjà présent dans un autre roman de Joyce, le Portrait de l’artiste en jeune homme (1917). Dedalus est un jeune érudit qui rêve de devenir écrivain. Il porte le deuil de sa mère. C’est un intellectuel, c’est aussi un fils par excellence – et la littérature est pour lui le lieu où il mène la quête du père.