Cinéma
“La Fabrique du mensonge” : comment Goebbels inventa la vérité alternative
Photogramme issu de “La Fabrique du mensonge” (2024), de Joachim Lang. © Stephan Pick/Zeitsprung Pictures SWR
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Le film La Fabrique du mensonge de Joachim Lang, sorti le 19 février, nous plonge dans la vie de Joseph Goebbels, le maître de la machine de propagande nazie. Analysons ce film à l’aide du regard du philologue Victor Klemperer.
À travers des images d’archives ainsi que des éléments de fiction, le film La Fabrique du mensonge dresse un portrait terrifiant de Joseph Goebbels, homme cynique et nazi fanatique, ministre de la Propagande du IIIe Reich. Le long-métrage est une plongée au cœur de l’entourage d’Hitler qui permet de comprendre les méthodes de propagande et de manipulation des masses développées par Goebbels.
L’art de la propagande
« La propagande vise à imposer une doctrine à tout un peuple. La propagande agit sur l’opinion publique à partir d’une idée et la rend mûre pour la victoire de cette idée. » C’est ce qu’écrivait Adolf Hitler dans son livre Mein Kampf (1926), faisant de la propagande l’élément essentiel de son projet nazi futur. La Fabrique du mensonge explore l’essence même de la propagande, qui ne se contente pas de répandre des mensonges, mais crée une « vérité parallèle », soigneusement orchestrée par Goebbels. Celui-ci façonne des événements fictifs pour justifier les actions du régime, où chaque apparition publique est minutieusement chorégraphiée. La propagande devient un outil pour imposer une vérité officielle, redéfinissant ainsi la perception du monde des masses et manipulant l’opinion publique pour servir les intérêts du pouvoir.