Esthétique

Kant face au Piton de la Fournaise : sublime, forcément sublime

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Kant face au Piton de la Fournaise : sublime, forcément sublime

Coulée de lave sur les flancs du volcan du Piton de la Fournaise sur l’île de La Réunion, le 14 mars 2026. © Jean-Luc Allègre/Only France via AFP

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Après deux ans et demi de sommeil, le Piton de la Fournaise s’est réveillé à La Réunion. Les images impressionnantes ont fait le tour de l’actualité – celles, tout particulièrement, des coulées de lave se jetant dans l’océan. Un spectacle sublime, au sens de Kant.


 

Le sublime, aux côtés du beau, est l’un des deux sentiments esthétiques étudiés par le philosophe de Königsberg dans la Critique de la faculté de juger (1790). Kant s’emploie à les distinguer précisément. Le beau « plaît universellement sans concept », nous charme par le jeu harmonieux des formes dans un cadre limité. Le sublime, lui, se situe du côté de l’excès. Il ne se produit que « pour autant que l’illlimité [est] représenté en lui ou grâce à lui ». Cet objet me suggère quelque chose de plus grand, qu’aucune intuition ne contiendra jamais : l’immensité dans une chaîne de montagnes, l’infini de l’espace dans la contemplation du ciel étoilé. Dans le sublime entrent en jeu ce que Kant appelle les idées de la raison qui dépassent toute expérience possible, toute connaissance assurée, et excèdent les capacités de l’imagination.

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