Le jargon décrypté

C’est quoi la “frugalité” ?

Temps de lecture : 1 min

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 203 de Philosophie magazine, en kiosque le 24 septembre 2026.

Parfois, le vocabulaire de la philosophie est obscur. Nous vous aidons à y voir plus clair.

  • L’étymologie du mot renvoie au latin frugalitas, « récolte de fruits », et fait écho à une habitude diététique : est frugal celui qui se contente de manger des fruits, des aliments simples. Quand, dans sa Lettre à Ménécée, Épicure propose comme règle de vie de ne satisfaire que les désirs naturels et nécessaires, et de se tenir à l’écart des mets raffinés et des boissons fermentées, il pose la frugalité en idéal.

  • De la diététique, la frugalité passe à la sphère politique au siècle des Lumières, avec De l’Esprit des lois (1748) de Montesquieu. Ce dernier affirme que la frugalité est une vertu morale nécessaire en démocratie. Si nous voulons avoir quelque chance de rester égaux, il convient de renoncer à la distinction : le citoyen doit abandonner ses ambitions de luxe ou d’éloges.

  • Aujourd’hui, c’est moins le souci d’égalité que la crise environnementale qui fait de la frugalité un thème politique. Tout l’enjeu, pour les penseurs de l’écologie, est de tenir un discours qui ne paraisse pas trop austère, de ne pas exiger trop de renoncements aux consommateurs contemporains. La frugalité renvoie peut-être à un nouvel art de vivre, et, dans cet esprit, André Gorz voyait dans la « simplicité volontaire » la nouvelle condition de l’autonomie et de la liberté.

Les concepts liés à cet article

Clinamen MatièreOrigineStoïcismeUtilitarisme