Société / Violences sexuelles

Bétharram : libérer la parole de ceux qu’on n’entend pas

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Bétharram : libérer la parole de ceux qu’on n’entend pas

Affaire Bétharram : une opération coup de poing menée devant l'institution, le 12 février 2025. © République des Pyrénées/Maxppp

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Cet article est issu du numéro 188 de Philosophie magazine, en kiosque le 27 mars 2025.

Les violences subies par les élèves de l’établissement scolaire privé catholique de Notre-Dame-de-Bétharram étaient connues. Des victimes ont parlé sans être entendues, ce que la philosophe américaine Elisabeth Young-Bruehl désigne sous le terme d’infantisme.

 

Jean-Marie Delbos aurait rompu le silence dès 1961. Il compte parmi les victimes d’abus sexuels subis à Notre-Dame-de-Bétharram. En 1996, c’est un parent d’élève qui porte plainte pour « coups et blessures volontaires » et « traitements inhumains et dégradants » contre un surveillant général. En 1998, un ancien directeur de l’établissement est à son tour accusé d’agressions sexuelles ; il se suicide avant d’être jugé. Les faits, qui se sont déroulés entre 1950 et 2010, étaient donc connus. Mais l’institution catholique les a longtemps couverts. La société civile et la justice semblent s’en être désintéressées quand les responsables politiques alertés sur la situation ont a minima négligé la gravité des actes. Est-ce parce que les fils de notables étaient épargnés ? Toujours est-il que le scandale n’a éclaté qu’en 2024, après qu’Alain Esquerre, un ancien élève de Bétharram, a créé un groupe pour recueillir des témoignages. Plus de cent cinquante plaintes ont à ce jour été déposées auprès du parquet de Pau, qui a ouvert une enquête pour des faits de violences physiques et morales, des agressions sexuelles et des viols.

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