Géopolitique
Amirpasha Tavakkoli : “La République islamique n’a plus aucune légitimité dans la population iranienne”
Place Valiasr, dans le centre de Téhéran (Iran), le 10 mars 2026. Sur l’affiche, de g. à dr. : l’ayatollah Rouhollah Khomeini et son successeur, le défunt ayatollah Ali Khamenei, qui remet le drapeau national à son fils et nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei. © AFP
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Cet article est issu du numéro 198 de Philosophie magazine, en kiosque le 26 mars 2026.
Alors que l’on s’interroge sur la capacité du régime théocratique à résister aux bombardements, le politiste iranien Amirpasha Tavakkoli, qui publie avec Stéphanie Roza Lumières et Anti-Lumières en Iran, nous éclaire sur la manière dont la société civile iranienne vit et pense les événements.
Amirpasha Tavakkoli : Dans une très grande inquiétude. Après la répression de janvier qui a décimé ou mis en prison des dizaines de milliers de personnes, c’est comme si une succession de cataclysmes se déversait sur la société iranienne. Entre la répression de la République islamique et les bombes de la coalition, la société civile est prise en étau. Cependant, une partie significative des Iraniens a accueilli avec enthousiasme les bombardements. Les premiers soirs où les bombes sont tombées sur les bâtiments officiels et où l’on a appris la mort du « guide suprême » Ali Khamenei, l’Iran était en fête. Nous n’espérons qu’une seule chose : que le régime tombe ! Or la répression continue sous les bombes.