Législation / Euthanasie
Aide à mourir : la mort fait-elle encore partie de la vie ?
©Andrew Petrischev/unsplash
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Cet article est issu du numéro 202 de Philosophie magazine, en kiosque le 20 août 2026.
Alors que le projet de loi sur l’aide à mourir vient d’être adopté en France, l’opinion et les élus restent divisés : en quoi cette « aide » consiste-t-elle au juste ? L’euthanasie et le suicide assistépeuvent-ils encore être considérés comme un soin ?
291 voix contre 241. Après vingt-huit mois de débats, trois passages au Sénat et quatre à l’Assemblée nationale, les députés viennent d’adopter le 15 juillet 2026 la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir. Au terme de ce long processus démocratique, initié en 2022 avec la tenue de la Convention citoyenne sur la fin de vie, la France figure désormais parmi la douzaine de pays dans le monde qui autorisent une aide à mourir sous la forme du suicide assisté ou de l’euthanasie. Le texte prévoit cinq critères pour exercer ce droit : être majeur ; être de nationalité française ou vivre en France de façon régulière ; avoir une affection incurable engageant le pronostic vital ; qui engendre des souffrances réfractaires ou insupportables – pas seulement psychologiques ; et pouvoir manifester une volonté libre et éclairée. Enfin, un collège de médecins a quinze jours pour rendre une décision, suivie d’au moins deux jours de réflexion pour le patient, qui peut se rétracter jusqu’au dernier moment. La règle est que celui-ci absorbe la substance létale et que l’assistance d’un médecin ne soit qu’exceptionnelle, s’il n’est pas en mesure d’accomplir ce geste lui-même.