Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
« Qu’est-ce que les hommes désirent vivement, mais ne connaissent point quand ils l’ont ? Le sommeil… », écrivait Léonard de Vinci. Nous passons un tiers de nos vies à dormir, et pourtant le sommeil nous est inaccessible. Une fois endormi, le dormeur devient absent à lui-même. À la fois ici et ailleurs, il ne répond plus, à moins qu’une sollicitation extérieure ne le ramène à la conscience. Et ce n’est qu’une fois éveillé qu’il sait avoir dormi.
Sur la base de ces paradoxes quotidiens, la démarche de David Le Breton comble un vide. L’objet des sciences humaines reste en effet une humanité active, en mouvement et plus ou moins lucide. En anthropologue et en historien, Le Breton ouvre les portes de cette terra incognita. Il puise à des sources éloignées dans le temps et l’espace, depuis les mythes de l’Antiquité et l’ethnographie du XXe siècle, jusqu’à l’industrie des somnifères et à la réappropriation du rêve par la psychanalyse. Ce livre explore mille et une façons de dormir – la litière de foin, le matelas à ressorts, les hamacs, les berceaux. Au-delà de cette diversité, il sonde les questions qui se sont posées autour du sommeil. Sait-on avec certitude quand on dort et quand on veille ? Cette interrogation est à la source de la philosophie moderne. « Il n’y a point d’indices concluants ni de marques assez certaines par où l’on puisse distinguer nettement la veille d’avec le sommeil », écrit Descartes dans la Première Méditation. La Sixième Méditation le sort de ce doute. Il y invoque le travail de la mémoire en état de veille, qui « joint les choses qui nous arrivent », ce qu’elle ne fait pas avec les songes. Blaise Pascal, lui, se montre plus évasif : la vie éveillée lui paraît seulement « un songe un peu moins inconstant ».
Les images de la sonde Perseverance en train de se poser sur Mars ont fait le tour du monde. Mais le son transmis par le robot mobile n’en est pas…
« Se lever le matin, plein de force et de santé, remplir jusqu’au soir la tâche habituelle, se retirer ensuite sainement fatigué, pour dormir du sommeil du juste, voilà le secret du bonheur ! » résumait l’écrivain anglais Henry Rider…
« La banalisation du masque dans l’espace public produit un sentiment d’inquiétante étrangeté, car les visages disparaissent. Or, dans une société…
Pourquoi prendre des risques et nous mettre en danger? Pour le sociologue David Le Breton, auteur de “Conduites à risque. Des jeux de mort au jeu de vivre” (PUF, 2004), la prise de risque est un jeu symbolique avec la mort, qui révèle l…
Ils changent de lieux de vie, de métier, parfois même de nom. Chaque année, près de 13 000 Français disparaissent volontairement, pour…
Chaque année en France, environ 13 000 personnes disparaissent sans laisser de traces, pour refaire leur vie ailleurs. Ces disparus volontaires, qui sont…
D’abord : rompre avec le cours ordinaire de la vie et se mettre en marche quand menace la panne des sens. On a alors des chances d’accéder à une plus grande intensité d’être. Pour David Le Breton, la marche est une expérience…
Boursouflées ou discrètes, rugueuses ou sensibles, nos cicatrices dessinent sur notre peau une certaine mémoire de blessures passées. Avec toute la sensibilité…