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“Into the Wild” : la nature nous sauvera-t-elle ?

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“Into the Wild” : la nature nous sauvera-t-elle ?

Emile Hirsch dans le film “Into the Wild” (2007), de Sean Penn. © Paramount Pictures Everett Collection/Bridgeman Images

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Cet article est issu du Hors-série n°62 de Philosophie magazine, en kiosque le 01 août 2024.

Le rêve américain a fait long feu et le jeune héros d’Into the Wild ressent violemment cette désillusion : il ne supporte plus l’égoïsme et la vacuité de la société. Sur les pas du philosophe Henry David Thoreau, il décide de partir à l’aventure, en quête de solitude et de nature sauvage… Son projet, plein de naïveté, brille par sa radicalité. Mais à quel prix ?

 

Fraîchement diplômé de l’université, Christopher McCandless (Chris), héros du film Into the Wild réalisé par Sean Penn en 2007, dîne au restaurant avec ses parents. Lorsque sa mère propose de lui acheter une voiture neuve pour le féliciter, c’est la goutte de trop. Écœuré par ce consumérisme et par cette glorification du succès individuel, le jeune homme plie bagage. Après avoir brûlé ses papiers et fait don de toutes ses économies à l’association Oxfam, il part seul sur les routes étasuniennes. Crise d’adolescence à retardement d’un gamin trop gâté ou cheminement initiatique sincère d’un vrai rebelle ? La sœur de Chris, qui s’exprime pendant tout le film en voix off, offre quelques réponses. Le jeune homme a grandi dans un pavillon typique des banlieues chics : cossu, mais sans saveur. Ses parents, devenus millionnaires à force d’ambition, étaient violents et égocentrés. Le rêve américain qu’ils incarnent a des allures de cauchemar. Au-dessus de leur maison, des avions décollent bruyamment. Plus loin, les grandes villes sont minées par la pauvreté et la violence. On comprend alors que Christopher ne cherche pas seulement à fuir sa famille, mais à rompre avec la frénésie brutale et écrasante d’une société aveugle, qui l’empêche de vivre, de penser et d’être heureux.

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