Populisme / Élections
Victoire de Péter Magyar sur Viktor Orbán en Hongrie : une stratégie modèle pour battre les nationalistes ?
Budapest (Hongrie), le 12 avril 2026. Péter Magyar, chef du parti d’opposition Tisza, brandit un drapeau après la publication des résultats partiels des élections législatives. © Marton Monus/Reuters
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Cet article est issu du numéro 199 de Philosophie magazine, en kiosque le 29 avril 2026.
La défaite de Viktor Orbán en Hongrie, le 12 avril, semble avoir été motivée par l’indignation de la société face à la corruption et au clientélisme du pouvoir. Suffisant pour inspirer les luttes contre les nationalismes ?
Faut-il faire de la victoire de Péter Magyar (photo) un désaveu du projet nationaliste de Viktor Orbán ? Certes, le nouveau Premier ministre est proeuropéen et méfiant à l’endroit de la Russie. Mais cet avocat de 45 ans a fait partie du Fidesz, le parti d’Orbán, jusqu’en 2024 et a travaillé au sein de son cabinet. Il demeure un conservateur opposé à l’immigration et, le soir de son élection, a appelé Dieu à lui venir en aide. Comme Orbán, il s’est longtemps opposé à la livraison d’armes à Kyiv et critique le sort de la minorité hongroise en Ukraine. Il évite la question LGBT+. Bref, il n’appartient pas à cette opposition de gauche qui a échoué, pendant seize ans, à détrôner le chef illibéral du gouvernement. Magyar a principalement fait campagne sur la hausse de l’inflation, l’anémie économique du pays et le détournement, par les proches d’Orbán, de l’aide européenne. Avec son style dynamique et légèrement populiste, il a éreinté « Ali Baba et ses quarante voleurs » ou le « Dracula des fonds publics », et promis de remettre son pays sur les rails de la prospérité.