Exposition
Serment du Jeu de paume, mort de Marat, Napoléon traversant les Alpes… L’art de triomphe de Jacques-Louis David s'expose au Louvre
À g. : Jacques-Louis David, “Étude d’après nature de la tête de Jean-Paul Marat, assassiné le 13 juillet 1793”, 1793. Plume, encres brune et noire sur pierre noire, 27x21 cm. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon © GrandPalaisRMN (Château de Versailles)/image Grand Palais RMN
À dr. : Jacques-Louis David, “Marat assassiné”, 1793. © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles), photo J. Geleyns
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Cet article est issu du numéro 195 de Philosophie magazine, en kiosque le 04 décembre 2025.
Il est peut-être le premier « artiste engagé ». Jacques-Louis David a été le grand peintre mais surtout un acteur de la Révolution puis du Premier Empire. C'est ce parcours dans les soubresauts de l'histoire que présente actuellement la grande exposition qui lui est consacrée au musée du Louvre.
Avec lui, la notion d’artiste « engagé » connaît ses prémices. Jacques-Louis David, célébré au Louvre à l’occasion du bicentenaire de sa mort, endosse sa responsabilité dans le monde, pour le dire avec un anachronisme très sartrien. Il rejoint en effet Robespierre et devient l’un des acteurs de la Révolution. Il en organise les festivités, honore ses acteurs et immortalise ses grandes heures. L’une des toiles les plus spectaculaires de l’exposition, bien que restée inachevée, représente d’ailleurs le Serment du jeu de paume (conservé à Versailles) sur plus de six mètres par trois. Esquissant les grandes masses, l’artiste peint les principaux visages mais abandonne le projet quand ses sujets, les députés de la Constituante, se déchirent. Il tente d’y revenir porté par cet idéal, en vain.