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“Se soucier de son âme”, le vibrant appel d’Amélie Nothomb
Amélie Nothomb dans l’émission “La Grande Librairie”, diffusée sur la chaîne France 5. © Capture d’écran/France Télévisions
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Sur le plateau de l’émission La Grande Librairie, l’écrivaine belge s’est livrée à un plaidoyer quelque peu anachronique sur l’importance de l’âme, abondamment relayé sur les réseaux sociaux. Comment expliquer l’engouement contemporain pour cette notion éculée ?
« J’ai envie de vous parler de l’âme, je sais que c’est complètement désuet. » C’est de sa voix fébrile et intense qu’Amélie Nothomb a clôturé le 2 septembre dernier l’émission littéraire La Grande Librairie, diffusée sur la chaîne de télévision France 5. En se prêtant à l’exercice du « Droit dans les yeux », lors duquel un invité lit un texte engagé face caméra, l’écrivaine prenait un risque. Parler de l’âme à l’heure de l’intelligence artificielle et de la « fin du religieux » ? Chiche !
En tournée littéraire pour la sortie de son dernier ouvrage, L’Adolescence du perroquet (Albin Michel, 2026) l’autrice a presque commencé par s’excuser de son choix de sujet : « Je suis un personnage d’une autre époque. » Et pourtant, son discours invitant à réapprendre à considérer son âme a fait mouche. Faut-il y voir un regain du spirituel, une quête de sens d’esprits accaparés par le bruit du monde ?
Un écho puissant dans le chaos actuel
A priori, l’âme ne fait plus des émules. La faute à son caractère « religieux », avance Amélie Nothomb. Pourtant, ajoute-t-elle, « on a une âme en dehors de toute religion », qu’elle assimile à une « boussole morale ». L’autrice de la Métaphysique des tubes, Les Aérostats ou Psychopompe file la métaphore gazeuse : elle compare l’âme à un pneu qu’il conviendrait de gonfler pour saisir les points de fuite. Compressée par des discours en tout genre, l’âme serait happée dans ses moindres moments flottants par le flux numérique… Et si on lui permettait de souffler ?