Mythologie
Quand Trump se prend pour Atlas... L’éclairage de Pierre Judet de La Combe
Atlas supportant la voûte céleste (détail), gravure de Nicolas-Jean-Baptiste de Poilly (1707-1780), d’après François Verdier (1651-1730). © Domaine Public/Rijksmuseum
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Dans le document définissant la stratégie américaine, récemment publié, une phrase a marqué les esprits : “L’époque où les États-Unis soutenaient à eux seuls l’ordre mondial, comme Atlas, est terminée.” Que révèle cette référence tirée de la mythologie grecque ? L’helléniste Pierre Judet de La Combe, qui vient de publier le second tome de Quand les dieux rodaient sur la Terre, nous explique tout.
Porter le ciel, comme le faisait le géant Atlas, était-ce un devoir ou une punition ?
Pierre Judet de La Combe : Il s’agit bien d’un châtiment. Atlas est le frère de Prométhée, d’Épiméthée et de Ménétios. Tous quatre sont les fils du grand Titan Japet. À ce titre, ils ont participé à la guerre menée par les Titans et leurs alliés contre Zeus et les Olympiens. Cette guerre épouvantable a duré dix ans, comme la guerre de Troie. À la fin, Zeus gagne contre la génération de ses parents. Il devient maître de l’Olympe. Comme il se doit, le vainqueur châtie les vaincus, dont Atlas.
Quel était le rôle d’Atlas avant cette défaite et cette punition ?
Atlas est le seigneur du lien et de la limite avec l’infini. Avant cette guerre, il règne sur l’Arcadie, la forêt sauvage, l’océan terrestre, au cœur de la Grèce. Après la défaite, Zeus le place au bord de l’Océan pour porter le Ciel, à la limite d’un infini plus vaste encore. C’est un rôle crucial, sinon le Ciel s’effondrerait sur la Terre, et ni nous, ni les dieux ne pourrions y vivre.