Le match

Peut-on encore écrire de la poésie après Auschwitz ? Theodor Adorno face à Paul Celan

Temps de lecture : 2 min

Peut-on encore écrire de la poésie après Auschwitz ? Theodor Adorno face à Paul Celan

Theodor Adorno (à g.), Paul Celan. © SZ Photo/Max Scheler/Bridgeman Images © ullstein bild/akg-images

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 196 de Philosophie magazine, en kiosque le 15 janvier 2026.

Ni la culture ni le langage n’ont pu empêcher le génocide des Juifs. Dès lors, décrire la Shoah avec des mots est vain, voire insoutenable, estime le philosophe Theodor Adorno. Un verdict contredit par le poète Paul Celan.

Premier round : Adorno constate l’échec de la culture face au génocide

Dans Prismes (1955), Theodor Adorno affirme qu’« écrire un poème après Auschwitz est barbare ». Il fait le constat de l’échec de la culture face au génocide : ni la philosophie ni la littérature n’ont su empêcher l’horreur. Pire, elles l’ont parfois accompagnée et justifiée. Toute tentative d’écrire de la poésie après le désastre lui apparaît vaine, voire indécente ou même barbare : cela reviendrait à nier son étendue, alors qu’un point de non-retour a été franchi. Adorno soulève également le problème de l’indicible, affirmant que « même la conscience la plus radicale du désastre risque de dégénérer en bavardage ». C’est l’inutilité de la culture mais aussi l’inadéquation de la langue au monde qu’il met en cause.

Cet article est réservé aux abonnés