Les clés d’un classique
Le road trip conceptuel d’Edgar Morin
Edgar Morin. ©André Perlstein/Roger-Viollet - ©unspalsh
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Cet article est issu du numéro 202 de Philosophie magazine, en kiosque le 20 août 2026.
C’est après son séjour en Californie qu’Edgar Morin commence à forger les principales notions de son œuvre. Nous vous les présentons ici.
Complexité
« La Méthode est et sera en fait la méthode de la complexité », affirme Edgar Morin, qui entame son grand œuvre à son retour de Californie. Celui-ci est directement inspiré des théories de l’information, de la cybernétique et des systèmes. La définition de la complexité relève à première vue d’une tautologie : « est complexe ce qui ne peut se résumer en un maître mot, ce qui ne peut se ramener à une loi, ce qui ne peut se réduire à une idée simple ». Ce n’est donc pas une pensée systématique. Elle n’est pas la complication, qui est embrouillée, mais elle accepte la contradiction et l’inachèvement, sûre que des pensées antagonistes peuvent être complémentaires. Elle s’oppose au « paradigme de simplification », qui disjoint, oppose, et rend le savoir parcellaire. « La complexité, écrit Edgar Morin, ne saurait être quelque chose qui se définirait de façon simple et prendrait la place de la simplicité. La complexité est un mot problème et non un mot solution. »