Vertiges
Le “noyau de notre essence” : la chronique d’Étienne Klein
© Danie Franco/Unsplash.
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Cet article est issu du numéro 186 de Philosophie magazine, en kiosque le 16 janvier 2025.
Pourquoi, malgré les effets visibles du vieillissement, avons-nous l’impression que nous restons les mêmes ? Réponse radioactive avec Schopenhauer.
Toute célébration du nouvel an vient symboliquement marteler que le temps passe pour de bon et qu’à force, nous vieillissons. Me sentant de plus en plus concerné par cette cruelle vérité, j’ai profité des vacances de Noël pour tenter de m’y préparer au mieux : j’ai donc lu L’Art de vieillir (dernière édition, Rivages poche, 2023) d’un certain Arthur Schopenhauer.
Ce n’est pas un scoop : nous ne sommes pas, hélas ! comme Tintin, invariant d’album en album. Notre corps est même tout le contraire d’une constante physique : il s’avachit au fil du temps, les organes s’usent, la colonne vertébrale et les épaules se raidissent, les muscles fondent, tandis que le ventre fait le contraire, le visage se ride, les yeux s’étrécissent, la peau se parchemine. Quant au cerveau, il se grippe lui aussi, en commençant par oublier les noms propres.