Le Maître du Haut Chateau, dans la spirale de la violence
Le maître du haut château. ©Amazon Prime Video
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Cet article est issu du Hors-série n°69 de Philosophie magazine, en kiosque le 13 mai 2026.
Adaptée d’un roman de Philip K. Dick, la série Le Maître du Haut Château est une uchronie dystopique où les forces de l’Axe ont gagné et mènent une répression féroce contre leurs opposants. Jusqu’où peut-on résister sans trahir la cause qu’on défend ?
L’Axe vainqueur
Adaptation du roman éponyme de Philip K. Dick, Le Maître du Haut Château est une uchronie dystopique de science-fiction. Nous sommes en 1962. Les forces de l’Axe ont remporté la Seconde Guerre mondiale, qui s’est achevée par le bombardement atomique de Washington. Défaits, les États-Unis ont été partagés entre les vainqueurs : à l’est, le Reich américain, qui met en œuvre les politiques exterminatrices nazies à l’encontre des Juifs mais également des Noirs ; à l’ouest, les États du Pacifique japonais. Entre les deux, les montagnes Rocheuses constituent une « Zone neutre », un territoire tampon. Les réseaux de rébellion qui opèrent sur les deux fronts transitent souvent par cet espace interlope où il est plus facile d’échapper à la répression. Les résistants sont poussés à utiliser la violence à laquelle les fascistes recourent à l’envi, souvent arbitrairement. Dès le début, alors que sa compagne Juliana Crain est dépêchée en Zone neutre pour remettre un film mystérieux de propagande montrant les Alliés gagnant la Seconde Guerre mondiale, Frank Frink est arrêté par la Kempeitai, la police militaire japonaise. Sa femme et ses enfants sont placés en salle de gazage pour le forcer à parler, et sont finalement assassinés. Fou de rage, Frank échafaude une tentative d’assassinat du prince héritier Akihito qui n’aboutit pas. Il s’engage alors de plus en plus dans la résistance. Après une attaque contre un poste de contrôle japonais, la Kempeitai capture des otages innocents. Frank participe à la mission pour les libérer mais, en représailles, le général Onoda ordonne l’exécution arbitraire de civils. La violence nourrit la violence. Frank accepte de récupérer une bombe pour commettre un attentat contre l’état-major japonais. Il sera finalement capturé et condamné à mort. —