France / Stratégie

La rhétorique militaire d’Emmanuel Macron

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La rhétorique militaire d’Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron lors de sa visite à la base navale de Cherbourg (50), le 19 janvier 2024. © Christophe Petit Tesson/Pool/AFP

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Cet article est issu du numéro 180 de Philosophie magazine, en kiosque le 30 mai 2024.

Le président français a réitéré ses propos sur le possible envoi de troupes en Ukraine en cas d’une forte percée de l’armée russe. Quel poids donner à ces paroles immédiatement dénoncées comme « dangereuses » par le Kremlin ?

 

En première analyse, on peut penser que la menace évoquée par le président français relève de l’aveu de faiblesse. Les Russes avancent sur le front, l’aide militaire promise aux Ukrainiens tarde à arriver. Il faut gagner du temps. Alors, faute d’armes, on s’en remet aux mots : prévenir publiquement que la France et ses alliés européens ne laisseront pas Kiev tomber aux mains du Kremlin, c’est espérer faire hésiter l’adversaire d’aller toujours plus loin.

Seulement, les mots ne sont que des mots. Lorsque les Romains, lors des guerres puniques (IIIe-IIe siècle av. J.-C.), inscrivaient sur leurs balles de fronde en plomb (glandes plumbae) des invectives comme « tu trembles » (tremas), l’ennemi carthaginois ne recevait pas seulement un message mais d’abord un projectile mortel. Or les mots de Macron sur la « question légitime » d’envoi de troupes en Ukraine n’ont évidemment pas cette portée : menacer dans la presse, ce n’est pas faire parler la poudre. Mais pourquoi alors Dimitri Peskov, le porte-parole de Poutine, s’est-il senti obligé de répondre à ce qui pourrait n’être qu’une bravade ? 

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