Cinéma
“La Bataille de Gaulle” : une conviction peut-elle être plus forte que les faits ?
Simon Abkarian incarne Charles de Gaulle dans “La Bataille de Gaulle. L’Âge de fer”, d’Antonin Baudry. © Pathé Films
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La Bataille de Gaulle. L’Âge de fer, premier des deux volets du biopic consacré au général de Gaulle, est sorti en salles ce mercredi. Antonin Baudry filme l’acte de naissance de la France libre, moins comme une épopée militaire que comme l’entêtement d’un homme dont la conviction est plus forte que l’évidence du désastre. La grandeur frôlerait-elle la déraison ?
Le premier film d’Antonin Baudry, Le Chant du loup (2019), se déroulait dans l’huis clos d’un sous-marin. Le cinéaste, par ailleurs scénariste de Quai d’Orsay (2013), a trouvé avec La Bataille de Gaulle. L’Âge de fer un autre espace de confinement : la situation d’un homme exilé, déchu de sa nationalité, déclaré traître, méprisé par presque tous, et qui pourtant prétend incarner – et même sauver – un pays qui ne lui a rien demandé.
Volonté obstinée
Loin d’être une hagiographie, le film montre la solitude absolue de Charle de Gaulle dans la réclusion d’un modeste appartement londonien, sans armes et sans soldats, mais fort de la conception qu’il se fait du devoir d’un militaire et de l’honneur de la France. Nous sommes en juin 1940 : la Pologne puis la Belgique ont été envahies et les armées françaises, débordées par les Ardennes, sont défaites. Personne ne connaît De Gaulle, qui apparaît au mieux comme un vague « colonel promu général à la faveur de la débandade ». Et lui de rétorquer, dès le début du film : « Est-ce que j’ai l’air de débander ? » Il y a une force virile saisissante dans cet homme qui se tient debout alors que tout s’effondre, ce qui ne manque pas d’impressionner ses interlocuteurs.
“Dans ce film, de Gaulle incarne le cas limite de ‘l’éthique de la conviction’ selon Max Weber : il n’a pas de stratégie, mais il refuse”