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François Noudelmann : “Aux États-Unis, l’antisémitisme est devenu un enjeu national”

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François Noudelmann : “Aux États-Unis, l’antisémitisme est devenu un enjeu national”

François Noudelmann. © CP

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Cet article est issu du numéro 180 de Philosophie magazine, en kiosque le 30 mai 2024.

Alors que les mouvements pro-palestiniens se multiplient sur les campus américains, le philosophe François Noudelmann témoigne de la situation à la New York University où il enseigne et alerte sur la recrudescence d’un antisémitisme alimenté par la rhétorique du Hamas.

En France, l’actualité est marquée par l’occupation de Sciences-Po par des étudiants pro-palestiniens. Quelle est l’ampleur du mouvement aux États-Unis ?

François Noudelmann : Il ne faut pas surestimer l’ampleur du mouvement. À la New York University [NYU] où j’enseigne, on parle d’une centaine d’étudiants très actifs et très bruyants, qui ont installé une vingtaine de tentes et fait des blocages. Une centaine sur 63 000 étudiants. Sociologiquement, ces mouvements se produisent surtout dans des universités riches. La scolarité à Columbia – qui est aujourd’hui la tête de pont de ces mouvements – coûte 66 000 dollars l’année. La comparaison avec Sciences-Po est sans doute intéressante. Les manifestants sont donc une population riche à laquelle se mêlent des étudiants « issus de la diversité », comme on dit. 

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