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Faire l'événement avec Laura Kasischke : le billet de Martin Legros

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Faire l'événement avec Laura Kasischke : le billet de Martin Legros

©Gallimard

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Cet article est issu du numéro 203 de Philosophie magazine, en kiosque le 24 septembre 2026.

S'attacher aux faits mais en démultipliant la focale, c’est ce qu'a réalisé l'écrivaine américaine Laura Kasischke avec son nouveau roman Baignade surveillée. Plus qu'un défi littéraire, il s'agit, pour Marin Legros, d'un révélateur ontologique de notre condition.

« Cet après-midi-là, la maître-nageuse ne vit pas Richie Manning, le petit garçon qui se noyait au milieu de la piscine, sous un ciel si bleu et dégagé qu’un film transparent semblait avoir été tendu entre la Terre et l’espace. » Telle est la première phrase du dernier récit de la grande romancière américaine Laura Kasischke, Baignade surveillée (Gallimard). Si nous n’étions attachés qu’aux faits, il n’y aurait rien d’autre à savoir de l’intrigue. Et au terme des 300 pages du livre, rien de nouveau ne nous sera révélé sur ce qui est arrivé cet après-midi-là au club de natation Jolly Rogers de Mission Hills, dans le Midwest : un petit garçon de 5 ans s’est noyé sans que personne – la maître-nageuse, sa mère et son petit frère, sa jolie voisine au fond de l’eau – ne s’en rende compte. 

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