Questionnaire de Socrate
Clara Ysé : étoile montante
© SMITH
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Cet article est issu du numéro 181 de Philosophie magazine, en kiosque le 11 juillet 2024.
« La violence n’épuise pas la beauté », consigne l’autrice dans l’un des poèmes réunis dans Vivante (Seghers). Un aphorisme en guise de programme contre les vicissitudes de la vie qu’elle chante d’une voix lyrique et habitée, elle qui a connu le drame après la mort de sa mère, la philosophe Anne Dufourmantelle. Dans ce recueil comme dans son album Oceano Nox se mêlent les impressions de ciel et d’eau, de nuit et de feu, brossant un paysage teinté de réalisme magique, hanté par l’absence. Après un master de philosophie consacré à Alain Badiou, Clara a fait de son deuxième prénom, Ysé (reçu en hommage au Partage de Midi de Claudel), un nom de scène… vous l’y retrouverez tout l’été avec une tournée de concerts !
Qu’est-ce qui vous rend vivante ?
L’écriture et la musique. La question qui traverse le recueil est celle du désir, ce qui, en nous, étant en vie, meurt à soi-même, nous éteint et nous rallume.
Avez-vous peur de la mort ?
Très ! Mais, dans Vivante, j’explore plutôt le versant lumineux de l’absence, d’une présence paradoxale à l’intérieur de soi, qui nous meut. Je trouve beau que l’étymologie de « désir » renvoie à l’« absence de l’étoile ».
Quel est l’élément indispensable au processus créatif ?