The Walking Dead. L'apocalypse de la vie
The Walkinf Dead. © AMC
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Cet article est issu du Hors-série n°68 de Philosophie magazine, en kiosque le 25 février 2026.
Inspirée de la bande dessinée écrite par Robert Kirkman et illustrée par Tony Moore, The Walking Dead est l’une des séries les plus regardées au monde. Et, philosophiquement, l’une des plus riches.
Sortir de l’état de nature
The Walking Dead, The Last of US, World War Z, Vingt-huit jours plus tard, Dernier Train pour Busan… À chaque fois, le scénario est à peu près semblable : un virus – ou un autre agent infectieux – transforme les humains en zombies assoiffés de sang. Transmise presque toujours par morsure, la maladie se propage à toute vitesse. L’humanité est décimée. Seuls quelques petits groupes d’individus s’efforcent de survivre, tant bien que mal. Si les millions de zombis voraces représentent un danger certain, leur intelligence limitée atténue la menace. Le comportement des créatures est, en général, assez prévisible. Dans un monde sans État, sans institutions, sans justice capable de discipliner les comportements et réprimer la brutalité, les humains sont autrement plus imprévisibles, plus inquiétants. Sans assise extérieure, recluse dans le for intérieur, la moralité se révèle précaire, fragile – impuissante à réfréner les égoïsmes et les désirs de domination qui s’expriment sans restriction dans une situation inédite d’urgence. Les hommes sont privés de monde – cette scène commune sur lesquels ils peuvent se rencontrer et s’entendre sur un pied d’égalité. La loi du plus fort triomphe... jusqu’à ce que son règne de terreur et de barbarie, inévitablement, s’effondre. Vivre seul est à peu près inenvisageable dans un univers où les dangers pullulent. Mais se regrouper en communauté, c’est prendre le risque de s’exposer à l’autre. Certaines communautés tentent de s’organiser pacifiquement selon des principes d’équité et des règles collectives ; mais elles ont le plus grand mal à durer. « The Walking Dead, analyse la philosophe turque Selma Salman, représente l’état de nature et la violence qu’il contient », ainsi que « la lutte pour construire un nouveau monde au milieu des guerres entre les groupes survivants », la tentative de bâtir un « monde moral et civilisé ». —