Du passé au présent

Tchernobyl, 40 ans après : de la demi-vie radioactive à la résilience du vivant

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Tchernobyl, 40 ans après : de la demi-vie radioactive à la résilience du vivant

Sur cette photo non datée, prise par un piège photographique et fournie par la Réserve de biosphère de Tchernobyl le mercredi 15 avril 2026, un cerf sauvage marche sur la neige dans une forêt située à l'intérieur de la zone d'exclusion de Tchernobyl, en Ukraine. © Réserve de biosphère de Tchernobyl via AP/ Sipa

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Quatre décennies se sont écoulées depuis l’explosion du réacteur n° 4, et pourtant Tchernobyl n’appartient pas au passé. Devenue un territoire où les irradiations coexistent avec le retour inattendu du vivant, la « zone d’exclusion » nous offre une image saisissante : celle d’un temps qui va bien au-delà du temps humain.


Comment mesurer les effets de la radioactivité ? En chimie, on parle de demi-vie pour désigner le laps de temps au bout duquel la moitié des atomes d’une substance se désintègrent, et donc au bout duquel la dangerosité du poison se divise par deux, encore et encore, diminuant progressivement sans jamais atteindre le zéro absolu. Autrement dit, les radiations ne disparaissent jamais complètement mais s’atténuent lentement en suivant une courbe asymptotique.

La demi-vie, un deuil qui n’en finit pas

Le concept même de demi-vie, représente un défi du point de vue de la raison, car il contrevient au principe du tiers exclu : entre présence et absence la zone d’exclusion est ni tout à fait morte, ni tout à fait vivante, de la même manière que la radioactivité est un poison spectral qui est là sans y être. 

“Tchernobyl est le premier monument involontaire d’une ère où l’humanité laisse derrière elle, non des ruines du passé, mais des futurs empoisonnés”

Mais ici, c’est surtout l’échelle temporelle elle-même qui défie notre entendement, puisque, dans le cas du plutonium-239, la demi-vie dépasse les vingt-quatre mille ans ! Nous sortons alors de la durée humaine pour atteindre un temps qui n’est plus historique mais quasi géologique, comme un gouffre temporel radicalement étranger à notre condition – ce que certains appellent un temps profond, c’est-à-dire celui où l’histoire humaine cesse d’être l’unité de mesure du réel. Si les quarante ans qui nous séparent de l’explosion de 1986 représentent l’âge de la maturité pour un être humain, ce n’est qu’une poussière à l’échelle des émissions radioactives.

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