La question éthique

Se sentir coupable permet-il d’agir ?

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Se sentir coupable permet-il d’agir ?

Paris, le 6 février 2025. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau en conférence de presse sur la lutte contre le narcobanditisme, la consommation et le trafic de stupéfiants. © Quentin de Groeve/Hans Lucas via AFP

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« Chaque jour, des personnes payent le prix de la drogue que vous achetez. » Le ministère de l’Intérieur lance une campagne de « culpabilisation » pour alerter les consommateurs sur les conséquences néfastes du narcotrafic. Mais la culpabilisation est-elle un ressort efficace de l’action ? Réponses avec Kant, Sartre et Beauvoir. 


 

La culpabilisation joue sur les émotions pour réveiller un sentiment de mal-être face à la consommation de drogues. Mais est-ce un procédé efficace pour entraîner une prise de conscience et favoriser l’action ? 

On n’échappe pas à la culpabilité !

Qui n’a jamais connu la culpabilité ? Elle survient lorsque l’on prend conscience d’avoir enfreint une norme morale ou d’avoir causé un tort, envers soi-même ou vis-à-vis d’autrui. Ainsi Emmanuel Kant (1724-1804), dans sa Métaphysique des mœurs (1797), considère-t-il la culpabilité comme un élément essentiel de la morale. Le philosophe allemand soutient que chaque individu dispose d’une conscience morale innée, une sorte de « loi morale intérieure », qui nous permet de distinguer le bien du mal et nous incite à agir selon les principes éthiques. Ainsi affirme-t-il que :

“Tout homme a une conscience et se trouve observé, menacé, de manière générale, tenu au respect (respect lié à la crainte) par un juge intérieur, et cette puissance qui veille en lui sur les lois n’est pas quelque chose de forgé (arbitrairement) par lui-même, mais elle est inhérente à son être. […] Il est bien possible à l’homme de tomber dans la plus extrême abjection où il ne soucie plus de cette voix, mais il ne peut jamais éviter de l’entendre”

Emmanuel Kant, Métaphysique des mœurs, II, Doctrine de la vertu, ch. 1, §13

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