Ce que sait la main

Rallumer la mèche de la confiance en soi : reportage dans un atelier de perruquiers

Temps de lecture : 5 min

Rallumer la mèche de la confiance en soi : reportage dans un atelier de perruquiers

Les perruquiers Jean-François Delobel et Tereska Kubecka, du salon Delobel. © Laurent Villeret pour PM

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article est issu du numéro 196 de Philosophie magazine, en kiosque le 15 janvier 2026.

Les perruquiers Jean-François Delobel et Tereska Kubecka, du salon Delobel, tissent depuis plus de cent ans des mèches de cheveux naturels pour redonner confiance à celles et ceux qui perdent les leurs.

 

Installés devant leurs métiers à tisser, les artisans perruquiers Jean-François Delobel et Tereska Kubecka tissent des cheveux d’un blond doré, comme si c’était du fil de soie. « Le principe est d’entrelacer les mèches pour créer des voiles de cheveux », explique Jean-François. Autour d’eux, des bustes de cire arborent perruques, turbans et foulards sophistiqués destinés à la vente.

Rien que pour vos cheveux

Fondé en 1906 et situé dans le VIIIe arrondissement de Paris, le salon est le plus ancien de la capitale. Jean-François succède à ses aïeux – posticheurs perruquiers depuis quatre générations. Son atelier s’est spécialisé dans l’ajout de mèches réalisées sur mesure. Elles sont destinées à densifier les cheveux fins ou à cacher les alopécies. Le processus est long, technique. Il faut d’abord démêler les mèches avec une carde – sorte de brosse en métal couverte de piques, que les perruquiers se transmettent depuis la création du salon. Le brossage vigoureux est accompagné d’un geste ample.

« On ne l’imagine pas forcément, mais notre métier est assez physique ! », s’exclame Tereska, son associée, perruquière depuis vingt ans. Les cheveux naturels sont ensuite tissés entre eux et fixés grâce à une méthode secrète et ancestrale, sans colle ni produit chimique. « Nous sommes des artisans du cheveu. Il est pour nous une matière première, comme le bois pour un menuisier. Et comme pour les différentes essences de bois, il y a des chevelures qui se travaillent facilement, d’autres moins », détaille Jean-François. Le cheveu idéal est celui qui se fondra parfaitement dans la chevelure naturelle de la cliente ou du client. « Quand je me promène dans la rue, je remarque parfois une personne qui a la couleur et la texture de cheveu que je cherche pour une cliente précise. Dans ce cas, j’aimerais prendre mes ciseaux et les couper ! » plaisante-t-il.

Cet article est réservé aux abonnés