Archéologie

Pourquoi les maisons rondes ont-elles disparu ?

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Pourquoi les maisons rondes ont-elles disparu ?

Ancienne cabane pélasgienne, gravure d’après Eugène Viollet-le-Duc. © Look and Learn/Bridgeman Images

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Nos maisons n’ont pas toujours été quadrangulaires : avant que cette forme ne s’impose universellement, les habitations étaient rondes ou ovales. C’est du moins ce que l’on pensait jusqu’à présent. Mais une étude conduite récemment par une équipe de l’Institut d’archéologie de l’université hébraïque de Jérusalem nuance cette idée.


 

Ayant étudié 118 constructions vieilles de 10 000 à 14 000 ans, les chercheurs mettent en évidence la présence ancienne de bâtiments de formes variées : en « D », en pentagones irréguliers… Certaines structures présentent même des angles droits. Les conclusions de l’étude doivent cependant être nuancées : elles concernent principalement des habitations troglodytes. Or, les grottes présentent naturellement des structures angulaires, auxquelles l’architecture doit s’adapter. « Si vous avez un coin, vous allez l’utiliser », souligne l’anthropologue Ian Kuijt. Le grand récit n’est donc pas foncièrement remis en cause par ces cas particuliers : les maisons furent d’abord circulaires, avant de se faire, quelque part au Proche-Orient autour du IXe millénaire av. J.-C., quadrangulaires. L’archéologue Jean Guilaine parle d’un « processus de transition des habitations rondes aux constructions à angles, phénomène qui constitue la principale mutation architecturale de la néolithisation proche-orientale ».

Comment expliquer ce mouvement ? Pour de nombreux auteurs, ce glissement est lié au processus de sédentarisation : « Le plan circulaire est spécifique aux communautés nomades ou semi-nomades, au début de leur sédentarisation, tandis que le plan rectangulaire l’est aux cultures définitivement sédentarisées », résume Dan Semenescu dans Apparition des formes urbaines (2008). C’est notamment la thèse de Kent Vaughn Flannery, dans The Origins of the Village as a Settlement Type in Mesoamerica and the Near East (« Les origines du village en tant que colonie de peuplement en Amérique centrale et au Proche-Orient », non traduit, 1983). Comme l’ajoute l’archéologue André Bazzana dans Maisons d’Al-Andalus (1992), la « maison circulaire » est « directement dérivée de la tente du nomade » : elle est la traduction « en dur » de cet habitat mobile. Jean Guilaine le dit également : « Les premières maisons stables, toutes de plan circulaire, [sont] à l’image des tentes de chasseurs. » Il y revient sous une forme romancée dans Pourquoi j’ai construit une maison carrée (2006) :

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