L’inconnu(e) célèbre

Mais qui était vraiment Diotime… qui a appris l’amour à Socrate ?

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Mais qui était vraiment Diotime… qui a appris l’amour à Socrate ?

Diotime, par Józef Simmler (1855). © Domaine public

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C’est l’un des personnages les plus énigmatiques et les plus fascinants des dialogues de Platon. Était-elle une prêtresse, une maîtresse, une poétesse ? Serait-elle l’autre nom d’Aspasie, la femme de Périclès ? A-t-elle même réellement existé, cette femme qui aurait fait la leçon à Socrate lui-même, excusez du peu, pour lui apprendre ce qu’est l’amour ? Frédéric Manzini a mené l’enquête. 


 

De Diotime, nous ne savons pas grand-chose. Il n’est question d’elle que dans un seul livre dans toute l’œuvre de Platon, à savoir dans Le Banquet. On pourrait même dire : dans toute la littérature, puisque l’intégralité des autres occurrences, ultérieures, de son nom sont en réalité des reprises et des références à ce passage du Banquet qui ne laisse pas d’intriguer tous ceux qui le lisent. 

Le mystère d’Éros

Une seule mention de Diotime donc, mais quelle mention ! Replaçons-nous dans le contexte du Banquet. Socrate participe à une soirée très conviviale avec quelques amis, notamment des écrivains et des poètes, où la conversation échoit sur la nature de l’amour, c’est-à-dire Éros. Les différents convives rivalisent d’hypothèses pour déterminer en quoi celui-ci consiste précisément : l’amour est-il le plus beau et le plus merveilleux des dieux, celui qui embellit toute chose par sa présence ? S’agit-il d’une force cosmique qui unit tous les êtres naturels ? Repose-t-il sur la recherche nostalgique de sa moitié perdue ?

Quand vient le tour de parole de Socrate, celui-ci exprime d’abord un certain embarras par rapport à ce qui a été énoncé précédemment, puis rompt le concours d’éloquence et adopte un ton plus sérieux, en se faisant le porte-parole d’une leçon mémorable qu’il a entendue plus jeune :

“Écoutez plutôt le discours sur Éros que j’ai entendu un jour de la bouche d’une femme de Mantinée, Diotime, qui était experte en ce domaine comme en beaucoup d’autres, et qui à un moment donné, dix ans avant la peste, avait amené les Athéniens à offrir des sacrifices qui ont permis de reculer de dix ans la date du fléau. Oui, c’est elle qui m’a instruit des choses concernant l’amour. Je vais essayer de vous rapporter le discours que tenait cette femme”

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