Le match
Les machines vont-elles nous libérer du travail ? Karl Marx face à Jacques Ellul
Karl Marx - Jacques Ellul. Photos ©domaine public ; Ulf Andersen/Aurimmages. Illustration et pictogrammes : William L. pour PM.
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Cet article est issu du numéro 201 de Philosophie magazine, en kiosque le 10 juillet 2026.
Mettre fin à notre asservissement, c’est ce qu’on attend des machines, affirme Marx. Ellul, lui, décrit les processus techniques comme une aliénation. Lequel des deux philosophes emportera le marché ?
Premier round : Marx expose les progrès de la technique
Avant l’industrialisation, produire un objet exigeait un travail coordonné et de longues heures de labeur. Mais désormais, une simple machine peut accomplir ce qui mobilisait autrefois plusieurs travailleurs, les affranchissant de tâches pénibles et répétitives. Car la machinerie constitue bien « le moyen le plus puissant pour accroître la productivité du travail », écrit Marx dans Le Capital (1867) : « Dès lors que la machine de travail exécute tous les mouvements nécessaires à la transformation du matériau brut sans le secours de l’homme […], nous avons un système de machinerie automatique. » Placé dans la position d’un superviseur, l’ouvrier n’a plus à fournir l’effort moteur de la production. Chaque innovation permet ainsi de produire davantage avec moins d’efforts humains, et le développement technique semble porter en lui la promesse d’un affranchissement progressif de l’humanité à l’égard du travail.