A la courte paille

Le tirage au sort est-il démocratique ?

Émilie Chapuis publié le 2 min

L’ancien ministre de la Culture du gouvernement Raffarin, Jean-Jacques Aillagon, a choisi de tirer au sort le candidat à la présidentielle auquel apporter sa signature. Devant caméras et journalistes, il s’est exécuté, « en soutien à la démocratie ». Paradoxalement, le Conseil constitutionnel a prévenu qu’un tel soutien ne serait pas pris en compte parce qu’il n’était pas « digne », encore au nom de la démocratie…

L’obligation, pour les candidats à la présidentielle, de réunir au moins 500 signatures d’élus plongeait Jean-Jacques Aillagon dans un dilemme. Après avoir vu Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002, il se demandait comment accepter que les « petits » candidats ne soient pas dans la course à l’Élysée. À l’inverse, comment afficher une préférence pour un de ceux-là ? D’où le tirage au sort. « J’ai refusé d’apporter un soutien de conviction, un parrainage politique fort, j’ai préféré un soutien plus général, qui aide un petit candidat à accéder à l’élection, explique Jean-Jacques Aillagon. Je voulais rendre ce choix aux électeurs. » Pour cela, il a tiré au sort, parmi les « petits », le candidat qu’il soutiendrait. Olivier Besancenot l’a emporté. Et les caméras ? « Pour dénoncer un système qui favorise les candidats des partis établis », ajoute Jean-Jacques Aillagon.

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