Questionnaire de Socrate
La règle du jeune de la comédienne, écrivaine et metteuse en scène Séphora Pondi
Sephora Pondi. © Jean-François Paga/opale.photo
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Cet article est issu du numéro 197 de Philosophie magazine, en kiosque le 19 février 2026.
« La nuit, je rêve que je deviens créature : je caresse, de ma plus longue griffe, une peau d’écaille vert bouteille où luisent des reflets bleus argentés. » D’une écriture mordante et organique, Séphora Pondi relate dans Avale (Grasset, 2025) les vertiges de la jeunesse, ses amitiés et ses violences. L’artiste se dit « très obsessionnelle », et ces motifs se retrouvent aussi au cœur de Bestioles, pièce sur l’adolescence qu’elle met en scène (jusqu’au 1er mars) à la Comédie-Française, dont elle est pensionnaire. Avec la troupe, elle reprend d’ailleurs au théâtre Le 13e art (à Paris) Hécube, pas Hécube, une tragédie contemporaine inspirée d’Euripide (du 30 mars au 17 avril). Elle y interprète notamment le chœur. Battant !
Quelles sont vos obsessions ?
Une liste non exhaustive : le corps, le féminin et la violence.
Quel est votre plus vieux souvenir ?
J’habitais Bobigny, dans le 93, un immeuble tout petit, comme une maison témoin à deux ou trois étages. En face, il y avait un grillage avec ce que je perçois être aujourd’hui un camp de Roms. Un garçon habitait de l’autre côté. On a parlé, et je lui ai envoyé ma poupée par-dessus. Je ne l’ai plus jamais revu. Je n’arrive pas à savoir si c’est un souvenir reconstruit.