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Exposition “Patrimoines en résistance” : réparer le futur

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Exposition “Patrimoines en résistance” : réparer le futur

Patrimoines Falaise et superposition d'archives de la statue du grand Bouddha (Dipankara), Bâmiyân, Afghanistan. Extrait d'un film Iconem ©Iconem/Pascal Convert

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Cet article est issu du numéro 203 de Philosophie magazine, en kiosque le 24 septembre 2026.

Émaillé d’œuvres d’art contemporaines, forte de reconstitutions, de chiffres et de définitions, l’exposition Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa présentée à la Cité de l’architecture et du patrimoine fait le tour des enjeux liés au patrimoine matériel et immatériel en temps de guerre, devenu central dans les conflits contemporains.

Effacer, résister, réparer : trois chapitres scandent cette exposition érudite autant qu’inhabituelle. Elle s’ouvre sur un emblème : quinze photos panoramiques et dramatiques du plasticien Pascal Convert (photo) représentant une « falaise fossile ». Elle abritait, dans des niches désormais vides, les bouddhas de Bâmiyan, détruits en 2001 par les talibans afghans et dont il ne reste que la trace. Émaillé d’œuvres d’art contemporaines, forte de reconstitutions, de chiffres et de définitions, le parcours fait le tour des enjeux liés au patrimoine matériel et immatériel en temps de guerre, devenu central dans les conflits contemporains – en témoigne la destruction médiatisée des mausolées et des manuscrits de Tombouctou au Mali ou des temples de Palmyre. Cynthia Fleury le souligne en préambule, « lorsque des régimes détruisent un hôpital, rasent un quartier ou incendient un musée, ils ne visent pas uniquement la matière : ils cherchent à dissoudre la mémoire, à rendre l’atteinte irréfutable faute de preuve, à imposer l’amnésie comme horizon ». Cela amène des chercheurs comme l’historienne Stéphanie Latte Abdallah à parler non seulement d’écocide ou d’urbicide mais aussi de « futuricide ». Préserver la possibilité d’un lendemain implique de réparer (et non seulement de reconstruire) en cultivant un rapport vivant à cette mémoire : par l’implication des civils, la perpétuation des savoir-faire, le recueil des récits… Un cliché de civils fuyant la guerre pris à Gaza par la photographe palestinienne Fatma Hassona rend ainsi hommage à cette femme tuée sous la frappe de soldats israéliens en 2025. Elle était engagée précisément dans ce travail essentiel de témoignage et de documentation, que poursuit ici, avec rigueur et ambition, la Cité de l’architecture et du patrimoine. 

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