La question éthique

Est-il immoral de vendre son plasma ?

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Est-il immoral de vendre son plasma ?

Journée du don de plasma à l’Établissement français du sang. © Pascal Bonnière/Maxppp

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En France, il est interdit de rémunérer le don de plasma. Pourtant, en raison d’une pénurie chronique importante, 65% du plasma utilisé en France provient des États-Unis, où les millions de donneurs annuels sont rémunérés pour leur don. Ce que l’on refuse d’accepter chez nous, nous l’achetons pourtant outre-Atlantique. N’est-ce pas paradoxal du point de vue éthique ?


 

En dépit des principes éthiques appliqués chez nous, nous achetons donc du plasma américain, collecté dans des conditions interdites en France et parfois au mépris de la santé du donneur. Dès lors, que préférer entre un modèle de collecte rémunérant les donneurs et répondant aux besoins mais qui pose des soucis éthiques, et un système de collecte précisément éthique mais incapable d’atteindre l’autosuffisance, qui oblige à importer du plasma issu de collectes contraires à nos valeurs et même à notre législation ?

La dangereuse pénurie de plasma

Le plasma sanguin [à ne pas confondre avec l’état de la matière également nommé plasma], c’est-à-dire la composante liquide du sang de couleur dorée, contient des protéines et des anticorps qui permettent de fabriquer des médicaments vitaux pour certains malades tels que les personnes souffrant de cancer ou celles en réanimation. Chaque année, la cohorte de patients soignée grâce aux médicaments dérivés du plasma augmente, et les besoins en plasma progressent fortement. 

Pourtant, seulement 0,2% des Français donnent régulièrement leur plasma, si bien qu’aujourd’hui, la France fait face à une grave pénurie de cette partie cruciale du sang. La situation actuelle nécessite l’achat de plasma étranger : une majeure partie de celui utilisé en France provient des États-Unis, où contrairement à l'Hexagone, les donneurs sont rémunérés.

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