Entretien
Edgar Morin raconte l’histoire de son manuscrit perdu
Edgar Morin. © Catherine Gugelmann/Opale.photo
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Edgar Morin n’a pas fini de nous surprendre. Rédigé dans les années 1980 puis perdu, un texte qui était initialement prévu comme le troisième et dernier volet de l’ensemble La Méthode a été retrouvé et vient de paraître sous le titre La méthode de La Méthode (Actes Sud, 2024). Edgar Morin a accepté de répondre aux questions de Frédéric Manzini pour présenter son ouvrage, qui montre la nécessité de remédier à l’émiettement des savoirs disciplinaires par une plus grande intelligence de la nature même de l’acte de connaître.
Où se trouvait le manuscrit que vous avez retrouvé ? Comment l’avez-vous redécouvert ?
Edgar Morin : C’était dans mon ordinateur qu’était le manuscrit original, c’est-à-dire dactylographié… mais c’était un premier jet non corrigé, une conclusion à La Méthode que j’avais remise à plus tard quand j’ai décidé de poursuivre La Méthode au-delà de trois volumes. Quand, il y a quelques années, mon ami Giuseppe Gembillo, professeur de philosophie à l’université de Messine, m’a demandé un texte inédit, je me suis souvenu de ce texte et lui ai envoyé. Il s’est montré enthousiasmé. J’ai alors relu ce brouillon, et l’ai fait corriger par le professeur Pascal Roggero, qui est « complexiste », et surtout par mon collaborateur proche, le professeur Jean Tellez, qui connaît bien ma pensée. J’ai alors fait une dernière relecture, de plus en plus convaincu que c’est la synthèse et la conclusion des cinq volumes de La Méthode.