Hommage

Disparition de Michel Blanc : le conseil de Jean-Claude Dusse

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Disparition de Michel Blanc : le conseil de Jean-Claude Dusse

Le personnage de Jean-Claude Dusse, incarné par Michel Blanc dans “Les Bronzés font du ski” (Patrice Leconte, 1979). © Trinacra Films/Jean-Pierre Fiz/Collection Christophel/AFP

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L’acteur, scénariste et réalisateur Michel Blanc s’est éteint le 3 octobre dernier, à l’âge de 72 ans. Si, au cours de sa carrière embrassant cinq décennies, il sera passé aussi bien par les drames que par les comédies, aux yeux du grand public pourtant, il incarnera à jamais l’un des plus grands antihéros comiques du cinéma français : « Jean-Claude Dusse », dragueur compulsif éternellement malchanceux dans la série de films à succès Les Bronzés.

Fan du personnage, le jeune philosophe Valentin Husson, auteur notamment d’essais sur notre culture alimentaire, rend hommage à Michel Blanc par l’évocation de son rôle le plus célèbre, qui aura libéré « des générations entières d’hommes » en proposant une véritable (contre-)philosophie de la séduction.


 

Ah, Michel Blanc ! Chapeau l’artiste. Tu auras libéré des générations entières d’hommes : les petits maigrelets, les chauves, les rondouillards, tous ceux qui n’avaient pas un physique évident. On a tous été ton Gérard Jugnot (et, tu vois, on ne connaît même pas le nom de leur rôle aux autres, parce qu’ils n’ont pas eu le même rôle que toi dans notre vie…). On t’a tous entendu nous dire : « Si tu veux un conseil, oublie que tu n’as aucune chance, vas-y fonce, sur un malentendu ça peut marcher. » Je te tutoie, Michel. Mais c’est que tu faisais partie de nos vies ; tu étais un copain pour chacun. Pourquoi donc ? Mais c’est qu’on a, aussi, tous été le Jean-Claude Dusse de quelqu’un d’autre : on a rassuré les amis en soirée, quand le type n’osait pas y aller. On a espéré les soulager de leur peur ; ce n’est pas facile de se prendre un râteau. On y est parfois arrivé ; d’autres fois, non. « Vas-y, essaye, va lui parler : si elle s’engage dans la conversation, tant mieux pour toi ; si elle l’écourte, elle en sera du moins flattée. » Je pense que beaucoup ont sauté le pas grâce à toi. Tu as délesté certains de leur mal de ventre, de leur air penaud, du poids que l’on ressent à faire le premier pas, et du chemin de croix, interminable, qui nous sépare de celui ou celle que l’on veut séduire – même quand cette personne est à deux mètres du buffet. Ah Michel, tu étais un espoir pour nous : on t’a vu changer, un peu comme Chabat. D’un physique peu commun, tu es devenu un bel homme. Le titre de ton film le plus émouvant, réalisé par Isabelle Mergault en 2005, t’allait finalement à ravir : Je vous trouve très beau. 

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