De La Planète des singes à Game of Thrones. L'humanité aussi est mortelle

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De La Planète des singes à Game of Thrones. L'humanité aussi est mortelle

La Planète des singes; Game of Thrones. © 20th Century Fox - © HBO

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Cet article est issu du Hors-série n°68 de Philosophie magazine, en kiosque le 25 février 2026.

Les civilisations sont mortelles parce que l’humain peut perdre son humanité. Analyse et démonstration avec La Planète des singes et Game of Thrones, ou quand l’humanité des hommes devient une question superflue.

 

La Planète des singes, film américain de Franklin Schaffner sorti en 1968 et tiré du roman d’anticipation de Pierre Boulle, ne met pas seulement en scène un monde inversé, où les animaux dominent les hommes. Le film démontre, plus fondamentalement, que l’humanité n’est pas le propre de l’humain, qui peut devenir plus bestial que les bêtes.

Tout est dit dans le plan final, où l’on voit la statue de la Liberté (la tour Eiffel dans le livre de Boulle) en ruines, vestige d’une civilisation à jamais disparue. Alors qu’il se réjouit des bienfaits du progrès et de la consommation, s’émerveillant des avancées technologiques, le spectateur des années 1960 comprend que cette joyeuse ligne droite de la civilisation peut signer la perte de l’humanité. Car le monde des apparentes réussites des humains est celui où l’on a perdu de vue l’humanité, la générosité altruiste et la sensibilité morale.

Si nos civilisations sont mortelles, on doit se demander ce qui meurt en elles. La civilité, serait-on tenté de répondre, en reprenant les analyses de Norbert Elias. La société demanderait à l’individu, qui en intégrerait l’injonction sous forme d’« autocontrôle », de se « policer », de pacifier ses tendances agressives, égoïstes et malveillantes. C’est là l’étymologie du mot de « politesse », qui renvoie à polis, la cité, l’urbanité.

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